Dans une déclaration officielle, datée du 1er avril 1999, l'Assemblée des évêques orthodoxes de France a tenu à rappeler les principes de l'organisation canonique de l'Eglise orthodoxe en France et à faire une mise au point concernant des groupes qui utilisent de manière abusive le nom de l'Eglise orthodoxe. Déjà en 1985, le Comité interépiscopal orthodoxe en France, auquel a succédé en 1997 l'Assemblée des évêques orthodoxes de France (SOP 217.1), avait lancé une mise en garde contre "des groupes ou communautés, plus ou moins étoffés, utilisant le nom de l'Eglise orthodoxe et prétendant souvent relever d'évêques ou de patriarcats portant des titres traditionnels ou apparemment tels" (SOP 104.5). L'Assemblée avait réitéré cette mise en garde en avril 1997 (SOP 219.10). En marge de ces mises en garde, plusieurs communiqués avaient été publiés concernant des personnes et communautés particulières (SOP 124.5, 133.2, 210. 23, 231.38).
Constatant la recrudescence en France de communautés, de groupes ou de personnes (clercs ou laïcs), qui se prétendent de l'Eglise orthodoxe, l'Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) entend dissiper toute confusion à cet égard en précisant ce qui suit.
L'Eglise orthodoxe confesse une unité doctrinale et sacramentelle, qui se manifeste de façon ininterrompue depuis son origine jusqu'à aujourd'hui, dans la fidélité à la foi apostolique. Ceci s'exprime par sa théologie, son ecclésiologie et sa Tradition, dans la nature conciliaire de son organisation.
L'Eglise orthodoxe dans le monde est constituée par des Eglises-soeurs, autocéphales ou autonomes, qui s'assurent d'une reconnaissance et d'une communion mutuelles, partageant la même ecclésiologie, confessant la même foi et appliquant le même droit canonique.
L'organisation canonique définitive des communautés orthodoxes en France et dans les autres pays se trouvant en dehors des limites géographiques historiques des Eglises autocéphales, sera examinée par le Grand et Saint Concile panorthodoxe dont la préparation se poursuit actuellement. Dans l'attente d'une telle organisation, la commission interorthodoxe préconciliaire préparatoire, réunie à Chambésy (Suisse) en novembre 1993, a préconisé la création d'Assemblées épiscopales. En application de cette recommandation, une Assemblée des évêques orthodoxes de France s'est constituée en février 1997, succédant ainsi au Comité interépiscopal orthodoxe créé en 1967. C'est pourquoi l'Assemblée des évêques orthodoxes de France est canoniquement la seule habilitée à représenter l'orthodoxie et à manifester l'unité et la canonicité de l'Eglise orthodoxe en France.
Ainsi, toute personne (clerc ou laïc), groupe ou communauté se prétendant être "chrétien orthodoxe" ou s'attribuant cette appellation sans être en communion avec l'Assemblée des évêques orthodoxes de France ne peut se prévaloir d'un statut canonique orthodoxe dans ce pays. Par conséquent l'Assemblée des évêques orthodoxes de France ne peut être tenue responsable de leurs agissements et / ou déclarations.
Aussi, et afin d'éviter toute confusion ou amalgame dans l'opinion publique, l'Assemblée des évêques orthodoxes de France invite-t-elle les médias à se renseigner auprès d'elle sur le statut canonique de toute communauté, groupe et / ou personne (clerc ou laïc) se réclamant de l'orthodoxie en France.

