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 ......... Saint Patern, évêque de Vannes

Tropaire à saint Patern
Saint Pontife Patern, tu fus le témoin de la douceur du Christ au milieu de la dureté du monde. Maître de vertu, tu fus persécuté à cause du Sauveur et n’ouvris pas la bouche lorsqu’on t’accusait faussement. Tout au long de ta vie, tu fus pour tes brebis un bon pasteur, imitant en toute chose ton maître le Bon Pasteur. Prie le qu’il nous accorde à nous aussi le don de la patience, de la douceur et sa grande miséricorde.

Icône de St Patern


Photos

La vie de saint Patern
S

aint Patern est sans doute le plus mal connu des saints fondateurs de Bretagne. Contrairement aux autres évêques, il n’est pas originaire de Bretagne insulaire, ni même né de parents immigrés en Armorique. Il était, semble-t-il, gallo-romain et les persécutions qu’il eut à subir en temps qu’évêque sont peut-être à mettre en relation avec une opposition latente entre une forme celtique et une forme plus « gallo-romaine » de christianisme. Une autre tradition le met au contraire en relation avec le futur évêque Corentin, mais elle correspond mal avec la chronologie la plus acceptable. Lorsque Patern arrive à Vannes, il trouve une communauté chrétienne certes petite mais déjà organisée, disposant d’un lieu de culte, une chapelle dédiée à saint Symphorien, petit bâtiment gallo-romain dédicacé au début du Ve siècle. Le christianisme s’était en effet propagé par l’axe de la Loire, avait atteint Nantes vers la fin du IIIe siècle, puis remonté vers Rennes et de là essaimé vers le Vannetais. Le Concile qui se tint à Vannes en 467 et dont les Actes ont été conservés semble avoir eu pour office la délimitation du nouveau diocèse de Vannes, et la consécration épiscopale de Patern. Ce Concile réunit 6 évêques de la province de Tours et se tint sous la présidence du métropolite Perpetuus. Dans la lettre adressée par les évêques présents à deux évêques absents, saint Patern signe en second après Perpétuus.

Patern fut en contact avec le chef breton local, Caradauc et peut-être avec le roi Clovis. Devant les difficultés, Patern dut démissionner et se retira dans un ermitage. Une Vie de saint Patern, rédigée au XIe siècle le fait avoir été soldat de l’armée romaine avant son baptême et raconte ses voyages jusqu’à Jérusalem, où Patern aurait reçu des mains du Patriarche une crosse d’ivoire et une dalmatique dorée, évoque aussi son don des langues. Il mourut dans son ermitage un 15 avril, vraisemblablement en 475.

U

ne sécheresse continue ayant crée une famine, le Vannetais se souvint de saint Patern et vit dans ce fléau une punition divine. Une délégation vint alors chercher son corps : impossible de l’ôter du tombeau. Un des riches citoyens de Vannes fit don d’une terre en proche faubourg. On put alors transporter le corps. C’est ainsi que le tombeau du fondateur de l’évêché ne repose pas en sa cathédrale, mais dans cette église Saint-Patern bâtie sur le domaine offert dans ce but. A l’invasion normande, ses reliques furent portées dans le Berry, en l’abbaye de Déols puis à Issoudun. Une partie en fut ramenée à la fin du XIIe siècle ; le reste fut perdu à la Révolution. Il reste à Vannes quelques osselets, dont l’un fut cédé à la cathédrale de Quimper. Les reliques conservées à Vannes ont été placées dans un chef en forme de tête d’évêque couronnée de la mitre.

L

’église Saint-Patern actuelle date seulement de 1727, elle fut construite à l’emplacement d’édifices successifs plus anciens. Elle attirait au Moyen-Age des foules de pèlerins venus prier l’évêque fondateur. Grâce à un registre mentionnant les dons des fidèles, on a pu estimer l’affluence des pèlerins du XIVe siècle à trente ou quarante mille personnes par an. Pendant les guerres de Cent ans, les pèlerinages se poursuivent dans la ville occupée et les fidèles se rendent de nuit à l’église, à la lueur des torches, bravant les barrages anglais. En 1407, l’église fut frappée pour quelques temps d’interdit : l’affluence des pèlerins avait considérablement enrichie la paroisse au détriment du chapitre cathédral, qui intrigua pour obtenir de Rome cette interdiction temporaire. Le pèlerinage fut en partie délaissé au XVe siècle, après le passage et la prédication de saint Vincent Ferrier, qui fit de l’ombre au saint pontife. L’église renferme aujourd’hui les statues de bois des sept saints fondateurs. Patern est fêté le 15 avril ; une seconde fête, le 21 mai faisait mémoire de la translation de ses reliques.

Nous produisons ici un hymne ancien composé en l’honneur de saint Patern, évêque de Vannes, et chanté lors de sa fête :

Heureuse cité des Vénètes,
Chante aujourd’hui le protecteur
Que Dieu a placé à ta tête
Saint Patern, ton premier pasteur.
Ne regarde plus en arrière,
Oublie les légions de César.
Patern n’est pas homme de guerre 
La croix est son seul étendard.
Dans tes murs, il bâtit l’Eglise
Par l’Evangile du salut.
Il gagne les cœurs et baptise
Les croyants au nom de Jésus.
Avec la tendresse d’un père
Il ne connaît que le pardon
Et cherche à faire vivre en frères
Les deux peuples : francs et bretons.
Reste fidèle à la mémoire
De l’apôtre de tes aïeux,
Et saint Patern se fera gloire
De veiller sur toi près de Dieu.

P

atern, patron du diocèse de Vannes est souvent confondu avec un autre Patern, dit aussi Padarn, né vers 490 en Armorique. Il émigre au Pays de Galles, puis en Irlande, retourne en pays de Galles où il fonde le monastère de Llanbardan, en Cardigan. Il est toujours vénéré dans cette région. Mort vers 550, il aurait connu Samson, Magloire et Malo dont il aurait été cousin. Il ne semble pas qu’il ait jamais été évêque de Vannes.

Ce second Patern est fêté le 23 septembre.

Patern de Vannes a été aussi confondu avec un évêque d’Avranches du même nom.

Claire Jounievy







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