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 ......... Saint Tugdual, évêque de Tréguier

Icône de St Tugdual

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La vie de saint Tugdual
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aint Tugdual, considéré comme fondateur du diocèse de Tréguier, naquit dans une famille princière du pays de Galles. Ses parents sont aussi vénérés comme saints. Elevé dans à l’école monastique de saint Iltud avec son frère saint Léonore, le jeune Tugdual demanda son admission au monastère. Son noviciat fut semé d’épreuves spirituelles : « le démon ne lui donnoit le repos ny jour ny nuit ; luy, pour se conserver, se mattoit et affligeoit de jeûnes, veilles et abstinences continuelles et d’une continuelle oraison : son manger étoit un peu de pain et quelques légumes ; son boire de l’eau claire ; son lit de plancher », raconte Albert le Grand au XVIIe dans son style fleuri, reprenant le schéma classique des vies des saints moines et pontifes irlandais – ce qui n’exclue pas une large part de réalité.

L

’abbé de son monastère étant décédé, il fut nommé à sa place. Vers 545, Tugdual fut averti par une vision de la nécessité d’émigrer en Armorique. Prenant avec lui sa mère, sa sœur et 72 disciples, il s’embarqua de façon miraculeuse et accosta de même en face du Conquet. Il s’en fut trouver le comte d’Occismor, actuel Saint-Pol-de-Léon, qui lui accorda un domaine, averti de sa sainteté par la guérison d’un boiteux. Le lieu s’appelle aujourd’hui Trébabu, la paroisse de Pabu, déformation du nom de Tugdual.

Le monastère s’agrandit vite, le nombre des moines augmentant et Tugdual s’en alla cherchant un nouveau lieu d’élection, propice à la vie monastique. Sur son passage, il guérit, enseigne et console, si bien que sa renommée s’étend dès lors dans ces contrées du nord de la Bretagne.

Un sien cousin, Deroch, fils de ce Riwall qui avait accordait à Brieuc un terrain dans la même région invita Tugdual à ne pas limiter son zèle au Léon, où s’illustrait déjà Pol Aurélien et lui donna un terrain à l’embouchure du Guindy et du Jaudy, qui devait devenir la ville de Tréguier (du breton Landreger, trois rivières), formée peu à peu autour du monastère fondé par Tugdual.

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elon la tradition, Tugdual se serait rendu à Paris, visiter le roi des Francs Childebert, afin d’obtenir quelques garanties pour ses monastères. Il fut introduit auprès du roi par l’évêque d’Angers Aubin, originaire de la Bretagne sud. A son retour, et sans doute à la demande de Childebert, Tugdual fut ordonné évêque-abbé, selon le mode celtique vers 532 (1). Il s’emploie à l’évangélisation des populations environnantes, prenant conseil, dit-on de Pol Aurélien, ce qui est fort possible, et de Corentin, chose beaucoup moins probable : selon la chronologie que l’on prendra en compte, Corentin est alors soit n'est pas encore né, soit est déjà mort depuis longtemps. Il se serait attiré dans cet apostolat de solides inimitiés, et la tradition le fait alors gagner Rome, vers 548, mais il s’agit vraisemblablement d’une légende. Quantité de miracles sont attribués à Tugdual, tant de son vivant qu’après sa mort.

Sentant venir sa fin, Tugdual désigna comme successeur le moine Ruellin. Il s’éteignit un 30 novembre, selon les sources en 553, 559 ou 564.

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e diocèse de Tréguier comme tel, tout comme celui de Saint-Brieuc n’exista pas officiellement jusqu’au 9e siècle. L’évêque-abbé du monastère fondé par saint Tugdual gouvernait néanmoins les paroisses et territoires dépendant de l’abbaye et c’est tout naturellement que ces territoires furent commués en diocèse. L’évêché fut supprimé à la Révolution, fondu à celui de Saint-Brieuc. Quantité de paroisses, de chapelles et de village sont dédiés à saint Tugdual en Bretagne du nord. Les reliques du saint furent transportées en 878 à Laval, où la cathédrale est toujours dédiée à saint Tugal, puis à Chartres. Les reliques conservées à Laval furent en partie brûlées par les calvinistes. Celles de Chartres furent rendues en partie à Tréguier où elles furent sauvées des fureurs révolutionnaires par de pieux paroissiens. Elles sont toujours conservées dans la cathédrale, mais le culte de saint Yves avait jusqu’à ces dernières années considérablement éclipsé celui du saint fondateur. La cité bâtie autour de l’abbatiale fut détruite au IXe siècle par les vikings. La cathédrale actuelle date du XIVe siècle. Tréguier demeura longtemps une ville épiscopale, ville intellectuelle aussi où prospéra la troisième imprimerie de Bretagne. La Révolution, en supprimant le passé épiscopal de la ville et en saccageant la cathédrale fut un traumatisme dont Tréguier ne se releva guère.

Claire Jounievy

 
(1) D'autres sources indiquent 552.




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